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Cet été

 

  • Cet été, aux États-Unis, vous aurez deux films à l'affiche. Peut-on dire que l'année 97 marque le grand come-back de Julia Roberts ?

Waouh... Je n'avais pas disparu ! (Elle sourit malicieusement.) Je sais bien ce que vous voulez dire. Le film qui m'a lancé était "Pretty Woman", et aucun des autres films que j'ai fait après n'a eu le même impact. Mais depuis "Pretty Woman", je n'ai pas chômé !

 

  • Certes, mais il y a longtemps que les circonstances ne vous avaient pas été autant favorables : deux premiers rôles dans deux films, aussi différents que complémentaires... C'est sûr qu'avec "Le mariage de mon meilleur ami" et "Complots", vous allez faire l'événement...

Tant mieux puisque c'est avec des films qui méritent l'intérêt du public. J'en suis très heureuse. D'autant que je me suis vraiment investie dans le développement du film " le mariage de mon meilleur ami".

 

  • En effet, dès le départ, c'était un projet conçu pour vous par la Columbia. Est-ce vous qui avez finalement choisi l'Australien Paul J. Hogan ?

Paul J. Hogan a toujours été mon premier choix. J'avais beaucoup aimé Muriel, et je sentais instinctivement que "P. J." était la bonne personne pour réaliser cette comédie romantique ambiguë. En partie, grâce à son sens des détails. Il y a pas mal de petits détails dans le film. Pour tout vous avouer, même, au départ, cela me semblait un peu bizarre ! Par exemple, lors de la scène d'ouverture, quand je suis au restaurant avec Rupert Everett (qui joue l'un de ses amis gays), et qu'on voit en arrière-plan une tablée qui chante " joyeux anniversaire " en espagnol. Au début, je me disais : « Mais qu'est-ce que cette putain de scène vient faire au milieu ? » (Rires.) Jusqu'à ce que je réalise que ce sont justement toutes ces petites touches qui font la singularité du film.

 

  • Avez-vous, de votre côté, ajouté des détails ? Par exemple, est-ce parce que Richard Gere vous appelait Red (rousse) dans "Pretty Woman" que vous portez un pyjama brodé "Red" dans une scène ?

Vous avez remarqué ? Tant mieux, ça prouve bien que c'est un film rempli de petits détails ! (Rires.) Ca faisait longtemps qu'on ne m'avait pas appelée Red, comme Richard le faisait sur "Pretty Woman". En fait, c'est Dermot (Mulroney, qui joue dans le film son meilleur ami en instance de mariage) qui est venu un jour avec cette chemise qu'il avait prise chez le costumier et je l'ai trouvée super. Je la lui ai empruntée pour tourner une scène. Ce n'est qu'une des petites choses improvisées du film. Mais la plus grande part d'improvisation vient de Rupert.

 

  • Il faut reconnaître que les scènes où il apparaît, sont irrésistibles !

Il est fantastique ! Tellement... (Elle renonce à trouver le qualificatif mais fait claquer ses doigts.) Jouer avec lui a été l'une de mes expériences d'actrice les plus géniales. En plus, il est tellement beau. Il va faire rêver des milliers de femmes, avant qu'elles se disent : « Mais je ne suis pas censée aimer ce type, il est gay ! » Les hommes aussi s'identifieront à lui... Il va faire un tabac. (Justement, au moment où l'on parle de lui, Rupert Everett entre dans la pièce, et Julia Roberts, qui apprend qu'elle a laissé passer la date de son anniversaire, se jette littéralement sur lui pour l'embrasser dans un éclat de rire du plus pur style "Pretty Woman" !)

 

  • Le film, notamment à travers votre jeu ultra sensible, qui ne craint pas de frôler parfois l'hystérie, fait penser à la comédie romantique de George Cukor, "Philadelphia Story". Est-ce aussi parce que Paul J. Hogan est, comme Cukor autrefois, un réalisateur qui comprend mieux que d'autres les actrices ?

Si vous me comparez à Katharine Hepburn, le compliment est immense, d'autant que Philadelphia Story est l'un de mes films préférés ! En fait, dès que j'ai lu le scénario de Ron Bass, j'ai adoré le personnage complexe de Julianne Potter. C'est une fille catapultée dans une situation de crise, et à partir de là, toutes ses émotions deviennent comme ces petites éponges qui, une fois dans l'eau, deviennent mille fois plus grosses...

 

  • Dans le film, vous riez, vous criez, vous fumez comme un pompier, vous pleurez, vous tombez sans cesse... Est-ce que dans ce registre, on ne court pas le risque de trop en faire ?

C'est là, en effet, où le soutien de Paul J. Hogan était capital. Il me guidait adroitement. Il m'indiquait quand c'était - ou pas - nécessaire de pousser les limites du comique vers la "screw ball" comédie (le loufoque pur). Mais il faut considérer que Julianne n'a que quatre jours pour atteindre son but : récupérer son meilleur ami. C'est ce compte à rebours qui justifie ses actions désespérées. Je peux vous dire, en tout cas, que pouvoir passer sans arrêt du sérieux au rire est très, très agréable pour une actrice.

 

  • On peut presque faire un parallèle entre ce va-et-vient entre le drame et la comédie, et votre carrière qui suit deux chemins différents. L'un, hollywoodien, avec des metteurs en scène comme Joel Schumacher, Steven Spielberg, Alan J. Pakula, Richard Donner,... Et l'autre, plus inattendu, avec des réalisateurs indépendants : Lasse Hallström, Robert Altman, Stephen Frears, Neil Jordan, Woody Allen, et maintenant Paul J. Hogan... Y a-t-il deux Julia Roberts ?

Non, il n'y en a qu'une, mais qui travaille en fonction de la qualité des scripts, des réalisateurs, des projets et des aventures. Et qui aime changer de genre. Mais il est clair que les films n'ont pas besoin d'avoir de grands budgets pour attirer mon attention. Ce qui compte, c'est une trame solide, et un bon metteur en scène. C'est avant tout une question d'individu.

 

  • Qu'est-ce qui fait, pour vous, la qualité d'un bon metteur en scène ?

Les meilleurs metteurs en scène sont ceux qui vous font d'abord confiance, vous laissent essayer plusieurs façons d'aborder le personnage, puis vous aident à affiner votre travail. Pas ceux qui vous imposent une façon de jouer si précise que vous n'avez plus aucune liberté. Cela m'est déjà arrivé, et c'est beaucoup moins intéressant.

 

  • Restez-vous en contact avec les réalisateurs avec qui vous avez travaillé ?

Dans la mesure du possible, oui. Récemment, j'ai rencontré Woody Allen "par hasard" en Espagne où il donnait un concert de clarinette. C'était marrant !

 

  • Dans "Le mariage de mon meilleur ami", il y a une scène d'anthologie : celle du karaoké où vous poussez Cameron Diaz à chanter. Est-ce que cela a été aussi dur pour vous de chanter dans "Tout le monde dit I love you" de Woody Allen, que ça l'est pour Cameron Diaz dans le film de P.J.Hogan ?

(Rires.) Un peu moins, parce que j'avais tout enregistré avant, à New York. Mais c'était terrible parce qu'à Venise, pour le tournage de cette scène, ils avaient installé un immense haut-parleur et soudain, ma voix a envahi toute la place, c'était effrayant ! Ma pire expérience dans le domaine de la chanson reste le tournage de Michael Collins. Je devais chanter très tôt le matin, à sept heures, sans musique, devant toute l'équipe, une chanson folk irlandaise du XIXème siècle. J'étais terrifiée. J'ai chanté la chanson toute la journée ! Je crois bien que cette scène a été mon expérience d'actrice la plus éprouvante, la pire de toutes !

 

  • Vous avez grandi au sein d'une famille d'acteurs. (Julia est la sœur cadette d'Éric Roberts et tous deux ont fait leurs classes dans l'atelier de théâtre de leurs parents, à Atlanta.) Avez-vous toujours eu envie de devenir actrice ?

En fait, j'ai hésité avant d'annoncer à ma famille que je désirais aussi être actrice. Je ne voulais pas avoir l'air de faire ce que tout le monde faisait déjà. Étrangement, c'était intimidant.

 

  • Si vous n'aviez pas été comédienne, quelle profession auriez-vous choisie ?

Institutrice. Mais à condition de ne pas enseigner les maths !

 

  • Avez-vous déjà envisagé de tout laisser tomber ?

J'aime trop mon métier pour cela. Je l'adore !

 

  • Pourtant, votre fulgurant succès, après "Pretty Woman", semble avoir été dur à vivre : après "Hook", vous vous êtes arrêtée de travailler deux ans ..

Après Hook,on a dit que je craquais, que je prenais deux années sabbatiques. C'est faux. Je me suis  arrêtée parce que je ne trouvais aucun scénario qui me plaisait. Jusqu'à L'affaire Pélican avec Alan J. Pakula. Car si j'ai une obligation envers le public, une seule, c'est bien de tourner seulement quand j'estime que c'est quelque chose de qualité. Pendant ces deux ans, j'ai été frustrée : je voulais travailler ! Cela n'avait rien à voir avec la pression : j'adore aller au travail... mais je ne veux pas faire de mauvais films !

 

  • Comment avez-vous vécu cette période où vous faisiez la une de tous les magazines ?

La presse est frénétique, mais les journalistes imaginent ma vie bien pire que ce qu'elle est vraiment. Tout le monde sait que la gloire a ses mauvais côtés. Mais, chez moi, les bons l'emportent toujours ! TOUJOURS ! C'est plus facile que vous ne l'imaginez, d'ignorer les attaques personnelles de gens qui ne vous connaissent pas et qui peuvent écrire - et ça, c'est dans le meilleur des cas ! - des imbécillités du genre : « Elle ne se nourrit que de pop-corn ! »

 

  • Après avoir fait couler autant d'encre avec vos mariages (celui annulé au dernier moment, en 91, avec Kiefer Sutherland, et celui, surprise, en 1993, avec Lyle Lovett, lui-même rompu en 95), il y a comme un pied de nez à jouer dans un film qui traite du mariage...

Oh, c'est juste un film. Mais, après tout, vous n'avez pas tort, c'est une bonne façon de voir les choses !

 

  • Il est tout de même incroyable de voir, dans "Le mariage de mon meilleur ami", Julia Roberts, symbole de la séduction, courir désespérément après un garçon qui ne veut pas d'elle. Dans une autre comédie romantique récente, "Addicted to love", Meg Ryan se bat aussi comme une malade pour reprendre un homme qui l'a plaquée. Pensez-vous que ce soit un signe des temps ?

Je pense simplement qu'on est toujours à la poursuite de l'homme idéal, du travail idéal... Mais c'est un des éléments de la vie qui sert, ici, à animer l'histoire. Rien de plus.

 

  • Dans certaines scènes où vous êtes malheureuse, on sent que, d'une seule expression du visage, vous pouvez briser le cœur des spectateurs...

Oh, merci de ce compliment ! Vous allez me faire pleurer. Je suis très émotive en ce moment... ! (Elle a vraiment les larmes aux yeux !)

 

  • Et dans la vie, comment se remet-on d'avoir le cœur brisé ?

Personnellement, je m'en sors mieux maintenant. C'est comme... lorsque vous vous êtes cassé le poignet : vous faites plus attention après à chacun des gestes que vous faites avec ce poignet, et au bout du compte votre poignet sera plus fort. C'est pareil pour le cœur. Ce n'est pas qu'il s'endurcisse, mais il devient plus courageux.

 

  • Est-il vrai que juste après avoir lu le scénario du film " Le mariage de mon meilleur ami", un ex-petit ami vous a appelée pour vous dire qu'il allait se marier ?

Oui, mais je suis heureuse de dire que, finalement, il ne s'est pas marié. (Rires.) Il y a eu une autre coïncidence sur mon film. Mon personnage a 28 ans, ce qui est, je crois, un âge stratégique. Or, lorsque j'ai lu le scénario, la description précisait que Julianne était à trois semaines de son vingt-huitième anniversaire, alors que j'étais moi-même à trois semaines et quatre jours du mien. C'était à la fois amusant et étrange... Presque un signe !

 

  • Quel est votre sentiment, lorsque, dans la presse, une jeune actrice est présentée comme "la nouvelle Julia Roberts" ?

Oui, j'ai déjà lu ça... Je suis mal à l'aise pour ces actrices, car c'est injuste pour elles. Ce n'est jamais agréable d'être étiqueté. Je ne suis pas si sûre que ce soit génial d'être (elle mime le geste d'ouvrir les guillemets) "la nouvelle Julia Roberts". Et puis, je suis toujours vivante !

 

  • Comment avez-vous perçu l'ascension de Sharon Stone, il y a cinq ans ? Comme vous, avec "Pretty Woman", elle est devenue célèbre en un film, "Basic Instinct" ..

J'avais 20 ans quand Pretty Woman est arrivé, et seulement trois ou quatre films derrière moi. Sharon Stone avait déjà amorcé la trentaine, et avait plus d'expérience à son actif. Ce sont, je crois, deux cas de succès très différents.

 

  • Il y a cinq ans, vous avez changé de publiciste. Était-ce parce que vous vous sentiez manipulée ?

J'ai le même agent depuis dix ans. Mais la publicité est un domaine moins stable, qui ne nécessite pas forcément de rester en permanence avec la même personne. Dans ce domaine, ne pas toujours travailler avec les mêmes personnes est, à mon sens, sain et positif.

 

  • Quelles sont les personnes, dans le cinéma où dans la vie, qui ont de l'influence sur vous, dont vous savez que les avis vous sont chers ?

Mes amis et ma famille. Mais, en réalité, au bout du compte, je prends mes décisions toute seule. J'ai des idées très précises sur ce que je veux faire et comment je veux mener ma vie et ma carrière. Et j'ai de la chance, parce que je ne regrette aucun des choix que j'ai faits. Je n'ai jamais refusé un film pour le regretter par la suite, et j'assume tous ceux que j'ai tournés.

 

  • Comment avez-vous pris l'accueil tiède qui a été réservé à "Mary Reilly" de Stephen Frears et aussi à "Michael Collins" de Neil Jordan, deux films ambitieux où vous faisiez à chaque fois une belle composition ?

Pour Mary Reilly en particulier, la presse était si mauvaise que je me doutais de l'échec avant la sortie ! Je crois que toutes les rumeurs sur le tournage ont nui au film et que cela a un peu saboté sa sortie. Mais c'est un film que, personnellement, j'aime beaucoup. Le fait qu'il n'ait pas marché ne signifie pas, pour moi, qu'il ait été une erreur de parcours. Je me suis sentie extrêmement privilégiée de jouer dans ce film, avec un metteur en scène de la trempe de Stephen Frears. Et avec John Malkovich qui est l'un de mes acteurs préférés depuis longtemps...

 

  • Vous avez l'air très exigeante, pour vous-même et pour les autres. Cela peut-il être un défaut ?

Non. Je suis directe. Je suis consciente d'avoir une personnalité assez forte en même temps qu'une approche simple des choses. Mais je pense que cela m'a aidée plus qu'autre chose.

 

  • En quoi diriez-vous que vous avez progressé dans votre travail depuis vos débuts ?

J'ai grandi et évolué sur le plan personnel. Je suis plus curieuse, et mes connaissances sont plus larges. Je comprends mieux les choses. Je suis plus à même de comprendre les complexités de la vie. Ca fait dix ans que je fais ce métier. J'étais adolescente, je suis devenue adulte. Tout ce que j'ai appris durant ces années, toutes les erreurs que j'ai commises, et toutes les leçons que j'en ai retirées, me permettent maintenant d'aborder différemment, plus profondément peut-être, les rôles que je joue. C'est sans doute pour cela que, pour l'instant, vieillir ne m'effraie pas. Parce que j'ai conscience, avec l'âge, de vivre les choses de manière encore plus intense, plus enrichissante.

 

  • Y a-t-il des œuvres cinématographiques, littéraires ou autres, qui ont été une source d'inspiration pour vous ?

Je pense que le premier film qui m'a inspirée est Becket avec Peter O'Toole et Richard Burton. Je l'ai vu quand j'étais au lycée, c'était le meilleur film que j'avais jamais vu. Mon premier grand choc littéraire, ça été Les contes de Canterbury.

 

  • Quels sont les rêves de cinéma que vous faites la nuit ?

Irracontable ! C'est fellinien ! (Rires.)

 

  • Quelles sont les actrices d'aujourd'hui que vous admirez, que vous connaissez ?

En fait, je n'ai pas énormément d'amis dans la profession. Mon groupe d'amis évolue dans d'autres domaines. Susan Sarandon est une des rares actrices avec laquelle je sois amie. J'ai une admiration sans bornes pour elle. Évidemment, j'ai rencontré beaucoup d'actrices que j'admire, mais sans les connaître vraiment. J'ai énormément de respect pour Jodie Foster, elle est géniale. Et je m'intéresse de près au travail de comédiennes comme Meg Ryan, Sandra Bullock ou Holly Hunter.

 

  • Quel est l'acteur ou l'actrice avec qui vous avez travaillé qui vous a le plus impressionnée ?

J'ai eu de la chance de travailler avec tellement de grands acteurs, comme Denzel Washington (dans L'affaire Pélican). J'ai été si gâtée que je ne peux pas citer tout le monde ! Mon expérience la plus impressionnante reste peut-être Potins de femmes d'Herbert Ross. (Elle y jouait aux côtés de Shirley MacLaine, Sam Shepard, Sally Field, et avait été nommée à l'Oscar du Meilleur second rôle...) J'admirais beaucoup Sam Shepard avant de travailler avec lui. C'était merveilleux de le regarder travailler, et de vérifier qu"il était, aussi, vraiment quelqu'un de très bien dans la vie. Il n'y a rien de pire que de rencontrer quelqu'un que vous admirez et de vous rendre compte que c'est un con ! (Rires.)

 

  • Pouvez-vous nous parler de votre récente expérience avec Mel Gibson ?

Oh, je ne l'oubliais pas dans les gens que j'admire ! (Rires.) Le tournage de Complots a été formidable. C'était tellement différent de passer du registre de la comédie légère à ce film obscure, sérieux et paranoïaque avec un acteur comme Mel. On s'est vraiment bien amusés, et je dois dire que Richard Donner est aussi un metteur en scène fantastique. Très très efficace.

 

  • Quel est le tempérament de votre personnage dans "Complots" ?

J'interprète une jeune femme déterminée, sérieuse, et amoureuse de Mel. C'était presque reposant par rapport au personnage tout feu tout flamme du film " Le Mariage de mon meilleur ami". Et plus simple à jouer.

 

  • On a l'impression que Mel Gibson et vous appartenez à la même famille d'acteurs : tout en étant extrêmement travailleurs l'un et l'autre, vous êtes très spontanés, vous semblez avoir des approches instinctives, directes des rôles. (Julia Roberts semble réfléchir à autre chose.) Arrêtez-moi si je me trompe !

(Rires.) C'est que je pense que vous avez raison. Mel et moi avons des personnalités très proches. Nous adorons tous les deux notre métier, nous sommes à fond impliqués, tout en restant le plus possible détendus sur le plateau... Parce qu'on sait que lorsqu'on va passer dix-huit heures sur un plateau, il vaut mieux y prendre du plaisir. Quand vous êtes l'acteur principal du film, vous donnez un peu le ton du tournage. Si vous êtes mécontent et sérieux, tout le monde aura un peu tendance à se calquer sur cette mauvaise humeur. C'est un peu la responsabilité de l'acteur principal de mettre les gens à l'aise.

 

  • Aujourd'hui, comme Mel Gibson, vous possédez votre propre maison de production, Shoelace Productions. Parliez-vous avec lui du processus de la fabrication des films, de vos projets ?

Oui, c'est un pro en la matière, il suffit de voir Braveheart ! Mel est très drôle, très déconneur sur un plateau, un peu fêlé, mais c'est aussi quelqu'un de très très intelligent et concentré. Et qui sait à 100% ce qu'il veut. Il est vraiment d'excellent conseil.

 

  • Est-ce parce qu'on ne vous proposait pas assez de bons rôles que vous avez monté votre compagnie ?

Pas seulement. C'est passionnant d'être vraiment à l'initiative d'un film, c'est un challenge énorme. J'ai appris, à travers ma société, à quel point le processus de préparation d'un film est long et difficile. Je réalise maintenant qu'en fait, chaque film qui se tourne tient du miracle !

 

  • Quels sont vos projets de productrice ? Est-il toujours question que vous produisiez le remake de "Femmes" de George Cukor ?

Oui, le projet est en développement depuis un an et demi, mais rien n'est encore décidé. Le premier projet de Shoelace Productions qui verra le jour, c'est un film sans titre pour l'instant, dans lequel je jouerai avec Susan Sarandon (l'histoire d'une femme malade qui sympathise avec la petite amie de son ex-mari). Ca se tournera à l'automne.

 

  • Êtes-vous un peu en rapport avec les cinéastes européens, connaissez-vous leur travail ?

Je connais Luc Besson qui est un ami. Il fait des films super, et il est vraiment très gentil. C'est ça le secret : tout le monde travaille dur, mais être une bonne personne est la chose la plus importante qui soit.

 

  • On vous sent aujourd'hui à la fois très passionnée et sereine. Est-ce seulement une impression ?

Non, ce n'est pas qu'une impression. Aujourd'hui, ma vie est très simple, facile et agréable. Mais c'est difficile de faire croire aux gens que vous êtes très heureuse quand ils voudraient tellement que vous soyez malheureuse ! (Rires.)

 

Source : www.Julia.Roberts.web.free.fr

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